Lamentations 4:1-22 LBS21
[1] Comment! L'or perd de son éclat, l'or pur se ternit! Les pierres saintes se dispersent à tous les coins de rue! [2] Les fils de Sion étaient précieux, leur valeur était égale à celle de l'or fin. Comment! Les voilà considérés comme des vases de terre, faits par les mains du potier! [3] Même les chacals présentent leurs mamelles pour allaiter leurs petits, mais la fille de mon peuple est devenue aussi cruelle que les autruches du désert. [4] La langue du nouveau-né s'attache à son palais, desséchée par la soif. Les enfants demandent du pain et personne ne leur en donne. [5] Ceux qui se nourrissaient des plats les plus raffinés sont mourants dans les rues, ceux qui étaient habitués au luxe embrassent les fumiers. [6] La faute de la fille de mon peuple est plus grande que le péché de Sodome. Elle, elle a été détruite en un instant, sans que personne n'ait eu besoin de lever la main contre elle. [7] Ses hommes consacrés étaient plus éclatants que la neige, plus blancs que le lait; ils avaient le teint plus rose que le corail, leur figure était comme le saphir. [8] Leur aspect est devenu plus sombre que le noir, on ne les reconnaît pas dans les rues. Ils n'ont plus que la peau sur les os, sèche comme du bois. [9] Les victimes de l'épée sont plus heureuses que celles de la famine: elles, elles se liquéfient, affaiblies par l'absence du produit des champs. [10] Malgré leur tendresse, de leurs propres mains des femmes ont fait cuire leurs enfants pour qu'ils leur servent de nourriture, à cause du désastre qui frappe la fille de mon peuple. [11] L'Eternel est allé jusqu'au bout de sa fureur, il a déversé toute l'ardeur de sa colère et il a allumé dans Sion un feu qui a dévoré ses fondations. [12] Ni les rois de la terre ni aucun des habitants du monde n'auraient pu croire que l'adversaire, l'ennemi, franchirait les portes de Jérusalem. [13] Tout cela est arrivé à cause des péchés de ses prophètes, des fautes commises par ses prêtres, parce qu'ils ont versé le sang d'hommes justes dans la ville. [14] Ils erraient, aveugles, dans les rues, souillés de sang. On ne pouvait pas toucher leurs habits. [15] «Eloignez-vous, impurs! leur criait-on. Eloignez-vous, éloignez-vous, ne nous touchez pas!» Ils sont en fuite, ils errent çà et là. On dit parmi les nations: «Ils ne séjourneront pas plus longtemps chez nous!» [16] L'Eternel les a éparpillés, il ne veut plus les voir. Les prêtres n'ont pas été respectés, on n'a pas fait grâce aux anciens. [17] Nos yeux s'épuisaient encore à guetter un secours qui ne venait pas, notre regard s'était tourné vers une nation incapable de nous délivrer. [18] Ils nous ont pourchassés pour nous empêcher d'aller sur nos places. Le terme de notre existence s'est approché, notre vie a pris fin. Oui, le terme de notre existence est arrivé! [19] Ceux qui nous poursuivaient étaient plus rapides que les aigles du ciel. Ils nous ont talonnés sur les montagnes, ils nous ont tendu des embuscades dans le désert. [20] Celui dont dépendait notre vie, celui que l'Eternel avait désigné par onction, a été pris dans leurs pièges, lui à propos duquel nous disions: «Nous vivrons sous son ombre parmi les nations.» [21] Réjouis-toi, exprime ta joie, fille d'Edom, habitante du pays d'Uts! Vers toi aussi, la coupe passera: tu t'enivreras et tu montreras ta nudité. [22] Fille de Sion, ta punition arrive à son terme: il ne t'enverra plus en exil. Fille d'Edom, il interviendra contre ta faute, il dévoilera tes péchés.
